REPÈRES

Un genre qui s'adapte 
 

École
Cycle 3


PRÉSENTATION
Lien avec les programmes

REPÈRES
Spécificités du genre
Une lecture pour l'enfance
Un genre qui s'adapte
Repères éditoriaux
Lecture littéraire

EN PRATIQUE
Choix d'un roman policier
Mise en réseau de titres
Travaux d'enfant
Entrée en lecture
Étude d'une ouvre intégrale
Projet d'écriture longue

POINT DOC
Bibliographie enfants
Bibliographie enseignants
Sur le Web
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Plan du dossier

À propos

 

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© André Juillard
L'un des facteurs qui jouent contre une pratique de la littérature policière auprès des jeunes, c'est la violence qu'elle exploite. Pourtant, si la littérature de jeunesse tente de garder auprès de son jeune lectorat ce qui fait son attrait chez les adultes, le traitement de la violence y est spécifique afin de ménager la sensibilité des enfants tout en conservant le sens du frisson. Ainsi, quand la mort est au rendez-vous, elle concerne souvent un animal, comme dans Le Chat de Tigali où Didier Daeninckx met en scène une parabole. Le racisme ordinaire, sordide, aboutit à un acharnement contre le chat du narrateur rentré d'Algérie, fait violent en soi : le chat symbolise ainsi l'innocente victime d'une situation dure et cruelle. L'image atténue la violence des mots.


Qui a tué Minou-Bonbon ? présente plus de douceur encore grâce aux connotations sucrées du nom du chat, mort lui aussi, et focalise par ailleurs le récit sur la recherche du coupable sans trop s'attarder sur la victime.
Parfois, le méfait, présenté a priori comme un crime sordide, est en fait un banal larcin : l'affreux criminel de La Belle et le Loubard n'a, de fait, qu'emprunté « le larfeuille » de celle dont il est amoureux pour avoir un prétexte de la rencontrer. Les doigts rouges du sang du crime ne sont que des doigts tachés de la peinture rouge du vélo, cadeau d'anniversaire qu'on va offrir au protagoniste, dans Les Doigts rouges (l'un des romans policiers de la liste de référence des nouveaux programmes du cycle 3). Ces quelques exemples invitent à regarder comment s'écrit chacun des romans du secteur jeunesse, en se gardant de généralités sur le genre. Les adultes ont une culture fondée sur leurs propres pratiques littéraires, mais il importe de lire de nombreux polars enfantins pour percevoir comment la littérature de jeunesse « recrée » le genre par une mobilisation de traits spécifiques, parmi lesquels on peut citer :
  • la douceur et la sucrerie,
  • les victimes animales,
  • les enfants détectives,
  • le milieu scolaire,
  • les faux méfaits.
Au cours des échanges oraux effectués à partir des lectures d'ouvres par les élèves, il sera bon de pointer ces éléments lorsqu'ils sont présents et de fonder ainsi, par des comparaisons entre les romans, les mises en réseau prônées par les nouveaux programmes.
Ces mêmes éléments permettront de différencier le genre enfantin du genre adulte, souvent glauque voire sordide, que les élèves connaissent pourtant par la télévision : la verbalisation favorisera une mise à distance de la violence. Mais on pourra remarquer, dans les séries à grande diffusion comme « Julie Lescaut » ou « Navarro », la présence d'enfants, ceux des commissaires et leurs copains, qui introduisent une respiration et une détente, par leur fantaisie, leurs préoccupations et leur vision du monde, cassant ainsi la dureté de l'intrigue première de ces téléfilms.

 
© CRDP d'Auvergne / CNDP - Thém@doc - Le roman policier
Décembre 2002 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.